Atelier de recherche et de création Rue sur Vitrine, 2016, TALM-Angers

Atelier de recherche et de création Rue sur Vitrine, 2016, TALM-Angers

ESBA Angers Événementiel Extraire Rassembler Construire

Extraire Rassembler Construire

Du 2 février au 4 mars 2017
Exposition visible en permanence depuis la vitrine située au 26, rue Bressigny à Angers
TALM-Angers, Rue sur Vitrine, 26, rue Bressigny à Angers

L’invitation faite par les enseignants, Bernard Calet et Isabelle Lévènez, dans le cadre de l’atelier de recherche et de création Rue sur Vitrine à l’artiste Benjamin Sabatier, donne lieu à une double exposition. En effet, à l’école, salle Thézé, sera présentée une exposition monographique de l’artiste, tandis qu’à Rue sur Vitrine, il s’agit d’une proposition des élèves qui ont travaillé en lien avec Benjamin Sabatier.

Autoconstruction

apprendre est faire

Sous l’effet des évolutions récentes du capitalisme et de l’influence grandissante de la culture de masse sur la création, les contradictions entre l’art et l’économie, entre l’artiste et le travailleur, ont tendance à s’amenuiser. Face à la massification du travail artistique et son insertion dans différents secteurs de l’économie (industries culturelles, mode, design, marché spéculatif de l’art, économie touristique, consommation de masse…) la question de l’autonomie de l’artiste, de sa liberté d’expression, devient un enjeu capital.

À l’instar des utopies de la contre culture nord-américaine des années 60, l’artiste doit gagner son indépendance face à l’influence grandissante des valeurs capitalistes. Aller dans ce sens c’est dans un même mouvement, repenser la dichotomie entre penser et faire et remettre au centre du débat l’autonomie de l’artiste tout autant que celle de l’œuvre.

Dans le monde d’Homère, Pâris et Ulysse travaillent à bâtir leur maison. « Cela relève de l’autonomie du héros homérique, de son indépendance, de la libre suprématie de sa personne », écrit Hannah Arendt. Se concentrer sur ses moyens propres et sur le fonctionnement des choses dessinent une utopie concrète : s’approprier et transformer de nos mains le monde qui nous entoure. « L’autoconstruction » – pratique qui consiste à construire soi-même sa maison – contribue à une émancipation des dépendances multiples créées par la société de consommation. En s’appropriant une activité relevant de spécialistes du bâtiment, l’autoconstructeur répond à l’idéal d’autonomie véhiculé par la société contre-culturelle nord américaine.

Sur bien des aspects, on retrouve les préfigurations de ces formes de vies et utopies dans l’enseignement du Black Mountain College (1933-1957). Cette école d’art privilégiait le learning sur le teaching. Sa pédagogie reposait sur l’implication du sujet dans l’objet de sa connaissance : en explorant notre environnement, on s’explore soi-même en développant ses sens et ses facultés. C’est une manière d’apprendre par l’action en se confrontant à des situations qui permettent de s’instruire à partir des exigences pratiques et théoriques qu’on découvre dans la praxis même. Le rôle du faire dans la perception consciente et la connaissance rappelle le célèbre Knowing is doing de Dewey et sa pédagogie centrée sur l’expérience : apprendre est faire, comme dans l’éducation des choses de Rousseau.

Cette école ne cherchait pas à former des artistes mais des individus autonomes. On n’y enseignait pas l’art et autre chose, on enseignait toute chose comme on enseigne l’art. L’art est central parce qu’il est considéré comme l’archétype de l’éducation par l’expérience. C’est encore ce qui est en jeu dans l’éducation artistique en France et c’est justement cette vision qu’il s’agit de revendiquer et, encore plus aujourd’hui qu’hier, de déployer dans l’ensemble de la société. Il est clair que la finalité humaine de l’enseignement artistique en termes de développement se soi, de participation, d’interaction, de socialisation se confond avec la finalité de l’éducation en général. Voici les pistes de travail expérimentées par les étudiants de l’École supérieure des beaux-arts TALM-Angers et que leur exposition dans à Rue sur Vitrine engage.
Benjamin Sabatier

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