Sans titre, 2016, encre, fusain et vernis sur papier, 156 x 130 cm

Sans titre, 2016, encre, fusain et vernis sur papier, 156 x 130 cm

Le Serment, Pierrick Naud

Du 18 novembre au 14 décembre 2016
Vernissage jeudi 17 novembre 2016 à 19 h
TALM-Angers, Hôtel d’Ollone, 72, rue Bressigny, Angers

Théâtre Naud

Le théâtre de Pierrick Naud se décline en une multitude de scènes animées de figures plus ou moins fantomatiques. Théâtre d’ombres ou plutôt de clairsobscurs. Pierrick Naud dessine. Au départ essentiellement en noir et blanc (magnifique utilisation du blanc du papier, en réserve, équilibres fragiles des pleins et des vides), le dessin incorpore désormais de la couleur qui apparaît de façon fort subtile, aussi discrète qu’efficace.

Les lignes, enlacées, superposées, les surfaces, travaillées de façon à façonner des volumes, jouent sur tous les plans. Avant-scène, fond de scène et coulisses. Le regard, happé dans les profondeurs du dessin, s’attarde.

Le monde pénètre l’œuvre par un jeu de copié-collé, découpes et superpositions de figures extraites du réel, plus ou moins transformées. Ni réalisme, ni fantasmagorie pure. Plutôt un regard attentif mais distant, parfois amusé, jamais cynique, appliqué au tumulte environnant des images.

Auteur, compositeur, interprète, Pierrick Naud a inventé une langue qui emprunte à d’autres, on reconnaît ici ou là dans ses mélopées, des morceaux de mots, rien qui puisse se traduire littéralement… pourtant l’on comprend ce langage. Il en est de même des dessins. Formes informes déformées. Images brouillées, récits cryptés… néanmoins quelque chose se dégage d’une drôle
d’histoire presque vraisemblable. Une chose à la fois étrange et familière.

Cette économie singulière n’est pas ascèse mais exégèse. Pierrick Naud se méfie des images, de leur diffusion-circulation-utilisation-interprétationinstrumentalisation. Il triture ces figures pour faire ressortir une multitude de postures possibles. Théâtre, scène, jeu, fiction. Ni plus, ni moins que dans le réel, semble-t-il nous dire. Il les découpe et les combine, amusé et vigilant. Il se méfie du pouvoir de la « distraction ». Ses masques exorcisent le pouvoir aliénant du spectacle généralisé. Le trop plein d’images dans le monde, leur foisonnement dans l’œuvre de Pierrick Naud, nous renvoient brutalement au vide, à l’absence. Ses œuvres deviennent alors de vastes compositions où les figures se font grinçantes et grimaçantes comme celles de danses macabres. Figures défigurées c’est-à-dire détournées de leur vocation première, de leur usage courant, qui recomposent un vaste paysage où chacun peut pénétrer et s’enfoncer avec l’incertitude de se perdre. Le regard se trouble.

Olivier Delavallade, février 2009

// En savoir plus sur Pierrick Naud
Pierrick Naud est représenté par La galerie particulière, Paris. Il a obtenu en septembre 2016 l’aide de région Pays de la Loire pour l’édition d’une première monographie à paraître en mars 2017.

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