Stately, Yes - © Pascal Bircher

Stately, Yes – © Pascal Bircher

Stately, Yes

OUVERTURE EXCEPTIONNELLE : samedi 28 janvier de 14h à 18

Exposition visible du 18 janvier au 22 février 2013

Du lundi au vendredi de 14h à 18h
Galerie d’Ollone – École supérieure des beaux-arts – 72 rue Bressigny, Angers

Avec les œuvres de :
Pascal Bircher, Roderick Buchanan, Gaëlle Cintré, Jordi Colomer, franckDavid, Jack Goldstein, Runa Islam, Pierre Joseph, Christophe Herreros, Pierre Leguillon, Jordan Wolfson,
Dorit Margreiter/Mathias Poledna/Heimo Zobernig.
+ interventions des étudiants de l’Esba_Angers

sur une proposition de Stéphanie Cottin et du Collectif 1.0.3

Comme le premier et le dernier mot d’un roman, les génériques enferment les propositions filmiques dans un temps précis et court, celui du film, celui d’un téléfilm, les 52 minutes d’une émission.
Ils nous introduisent, ou nous en extirpent, dans une temporalité toute particulière qui est celle du cinéma, du formatage télévisuel et répondent à des enjeux commerciaux.

Les génériques télévisuels sont des litanies qu’on connait par coeur et qu’on attend avec impatience, car ils sont synonymes de distraction quotidienne ou hebdomadaire.
Les génériques de films sont effectivement comme le premier et le dernier mot d’un roman, mais d’un roman qu’on lit d’une traite, sans reprendre son souffle, car le temps de cette fiction est comptée, mais terriblement dense; il a la densité des derniers instants, la densité d’un match de foot décisif, la densité d’une course poursuite impitoyable.

Jean Gabin, avant 1939, demandait à ce que les personnages qu’il incarnait à l’écran, meurent à la fin de chacun des films qu’il acceptait de tourner*. On imagine aisément qu’il ne souhaitait pas emmener avec lui, dans sa propre vie, hors-champ, hors-caméras, ses doubles encombrants qui vivaient à cent à l’heure, à la vitesse de la lumière ou d’une étoile filante dans le ciel…

Le cinéma est par essence un art de la durée et le réalisateur s’en empare comme d’un bloc de marbre brut à sculpter; il sculpte le temps et ne garde que ce qui alimentera la voracité de l’image cinématographique.

Les années 60 voient un réel bouleversement dans l’approche du générique. Devant la prise progressive du pou- voir audiovisuel par la télévision, le cinéma se remet en question et les génériques deviennent des accroches plus persuasives, des sorties dont la musique vous hante longtemps après la fin de la projection. D’une assez banale fiche administrative, d’une liste de noms qui défilent, le générique redouble d’inventivité et devient un genre, une séquence à part entière, un court-métrage, un mini-documentaire, un pamphlet engagé, etc. Saul et Elaine Bass donnent ses lettres de noblesse à ce nouveau type d’entrée en matière, devenant de véritables expé- rimentations sensorielles et artistiques. C’est l’art de mettre en valeur le titre et les noms des protagonistes, de plus en plus nombreux, de ces aventures uniques qui doivent embarquer le spectateur dans un autre espace- temps, dans une autre dimension, un temps démultiplié, d’une compacité toujours plus intense.

Les films et vidéos prisonniers, dans cette exposition, du premier et du dernier mot du roman “Ulysse” de James Joyce, illustrent à leur manière les facettes de ces génériques qui font désormais partie de la culture populaire mondiale, malgré les décalages, les contradictions socio-politiques qui existent inévitablement entre les diffé- rentes parties du globe. Séquence introductive, séquence de clôture, liste de noms de personnes, plus ou moins célèbres, ayant participé au tournage, musique globalisante et entêtante qui définit le caractère psychologique du genre ou des personnages, logos audiovisuels vus mille et une fois, répétitions, le générique est au cœur du dispositif industriel hollywoodien.

N’est-ce pourtant pas encore le rêve de bon nombre de personnes de par le monde, au fin fond de la Sibérie, au cœur du Yémen, de faire partie de ces épopées cinématographiques mirifiques, d’”être au générique” de ces grands messes de la culture occidentale encore dominante?!

*Edgar Morin, “Les Stars”, éditions du seuil, 1957, p.66

Vernissage le jeudi 17 janvier 2013 à 18h – galerie d’Ollone
Exposition visible du 18 janvier au 22 février 2013 – du lundi au vendredi de 14 h à 18 h Des interventions des étudiants de l’Esba_Angers seront activées pendant le vernissage

Partenariats :
FRAC Pays de Loire, la galerie Buchholz, la galerie Chantal Crousel, la galerie White Cube, la galerie Johann König, Alfred Alloyeau et les artistes.

← Retour site TALM

Les derniers flux