ESBA Angers Workshops Un workshop avec Pierre Creton

Un workshop avec Pierre Creton

6, 7 et 8 novembre 2013

Workshop ouvert uniquement aux étudiants de l’ARC Faux-raccord
Pierre Creton est cinéaste et ouvrier agricole. Né en 1966, il vit et travaille à Vattetot-sur-mer (Seine-Maritime). Il a fait ses études à la Villa Arson (Nice) et à l’Ecole des beaux-arts du Havre. Il décide de rester en pays de Caux et de devenir ouvrier agricole. Choisir une profession considérée comme en bas de l’échelle, relève d’une volonté de vivre les choses comme elles viennent.
Apiculteur, horticulteur, saisonnier dans une endiverie, peseur au contrôle laitier, vacher, sont les métiers exercés au fil de contrats et de licenciements. De chaque expérience naît la matrice d’un film. Ainsi, Une saison reflète la soumission exercée par son patron et ami Yves Edouard lors de son contrat à l’endiverie. Mais il y a aussi un parallèle avec la fiction qui, scénarisée, apparaît comme une hantise au trouble du réel. Ainsi dans Secteur 545, on peut voir le fruit de deux démarches : documenter le monde paysan contemporain et témoigner du travail quotidien et un entrelacement avec une fiction scénarisée.
Pierre Creton réalise ainsi tous ses films dans un territoire spécifique : le Pays de Caux, en Haute-Normandie. Les diverses activités agricoles qu’il y a exercées ont régulièrement servi de cadre ou de prétexte à ses films (Le vicinal,
Une saison, Secteur 545).
« Pour dire comment s’articule ma vie et ma pratique de cinéaste, je voudrais citer Jean-Luc Nancy : « Le paysan est celui qui s’occupe du pays, et il n’est pas pour autant forcément agriculteur. Un paysan est un ouvrier qui ouvrage le temps-et-lieu en même temps que l’objet ouvragé. Et c’est ainsi qu’il peut y avoir un paysan dans la pensée ou dans l’art : en tant que celui qui ne produit pas seulement, mais qui d’abord cultive, c’est-à-dire qui fait venir et qui laisse croître. Le paysan est aussi celui qui n’est pas tout dans son travail, celui qui donne lieu et temps à d’autres opérations que la sienne, à des mûrissements et à des attentes, à de très anciennes mémoires enfouies, à des croisements imprévisibles et à des virements de ciel. (Au fond des images, 2003) ». »
(Entretien avec Cyril Neyrat pour le Festival international du documentaire 2006).

← Retour site TALM

Les derniers flux