Veit Stratmann, Galerie Valentin, Paris, 2018 ©Photo Gregory Copitet

Veit Stratmann, Galerie Valentin, Paris, 2018 ©Photo Gregory Copitet

Veit Stratmann

Du 7 février au 1er mars 2018
Ouvert du lundi au vendredi de 14 h à 18 h
Ouverture exceptionnelle le samedi 17 février dans le cadre des Journées portes ouvertes de 10 h à 17 h
Vernissage mardi 6 février à 18 h 30

Veit Stratmann est invité par Bernard Calet et Isabelle Lévènez, professeurs TALM, dans le cadre de l’Atelier de recherche et de création Rue sur Vitrine.

Le commissariat de l’exposition est assuré par les élèves de l’atelier : François Anne, Adèle Bertrand, Matthieu Boutier, Mona-Louise Gillet, Théo Michel, Julie Milon, Anne Philippe, Manon Risterucci et Mélanie Matecek.

N x 2 / (N=11)

J’imaginais que l’exposition à TALM-Angers se devait d’être un acte de dédramatisation. Elle devait, le plus possible, refléter la manière la plus froide de faire exposition. J’envisageais cette froideur comme le moyen nécessaire de garder les pieds sur terre, de maintenir un ancrage. Aussi, j’ai abordé l’exposition comme un outil de recul et de centrage – comme un moyen de glisser un bloc de glace dans un environnement qui chauffe.

L’exposition est construite par la volonté de mettre au premier plan les outils de base de tout choix et de tout jugement – et ainsi de toute prise de responsabilité: l’observation et la comparaison – outils qui permettent de déduire et de formuler un souhait et qui créent la possibilité d’assumer une position – qu’elle soit esthétique, politique ou autre.

À acter une dédramatisation souhaitée, à imposer une froideur fondamentale, il semblait indispensable de systématiser un champ de ma pensée plastique et de proposer le chemin de cette systématisation comme une forme. La logique la plus évidente pour agir dans ce sens était de choisir dans un premier temps une unité de base: la structure d’un module fait de deux éléments identiques. Ces modules délimitent un espace, déterminent un territoire spécifique au monde. Le statut de ce territoire dépend du regard porté sur lui ou à partir de lui.

Ainsi les modules constituent une ponctuation de l’espace , mais également du temps. Développés les uns après les autres dans l’espace, il faut passer devant eux, de l’un à l’autre, prendre du recul, faire quelques pas, passer du temps. Afin de permettre cette prise du recul, de rendre le passage d’un module à l’autre le plus facile possible, chaque élément déployé se devait être plausible, aussi bien dans sa forme que dans sa matérialité.

Un dernier point: pour opérer le plus efficacement une ponctuation de l’espace et du temps, de renforcer l’ancrage dont j’ai parlé plus haut, il me semblait également important que chaque paire d’éléments puisse contenir le temps de son développement et raconter comment il est advenu. En cela, dans le contexte de l’exposition, chaque paire d’éléments est accompagnée du dessin qui marque la fin de son processus de développement, condensant mentalement le temps passé.

Veit Stratmann, Porto novembre 2017/Angers janvier 2018

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